Aigle criard Aquila clanga (Pallas, 1811)

Aquila clanga (Pallas, 1811) ou l’Aigle criard est un rapace diurne de la famille des Accipitridae.

Aquila clanga adulte
Aquila clanga adulte
Crédits : Jean-Yves Piel

Il mesure de 59 à 69 cm, pour une envergure de 153 à 177 cm.
C’est un oiseau grand, trapu et sombre.
Sa silhouette en vol est assez similaire à celle de l’Aigle pomarin. Il en diffère très peu, seulement par sa main plus fournie avec de plus longues rémiges digitées.
Le bec est de grosseur moyenne. Les narines sont rondes.
Il est souvent déterminé grâce au plumage : brun foncé avec normalement des couvertures alaires plus foncées que les rémiges et pas de zone pâle bien délimitée aux couvertures sus-alaires.
Il a une tache blanche à la base de la main, dessus, formée de la base blanche du rachis des primaires, atteignant presque le bord antérieur de l’aile.
Le dessous des rémiges a des barres foncées serrées, étroites et moins nettes vers le bout. Certains individus n’ont pas de barres.
L’adulte typique est brun foncé avec la tête brun un peu plus clair, tout comme le manteau et les couvertures sus-alaires. Il a des taches blanchâtres diffuses à la base de la main, voire un peu de blanc aux sus-caudales. L’avant des ailes est souvent plus foncé sur le dessous que les grandes couvertures alaires et les rémiges. Il a un croissant ou une tache blanche unique à la base des primaires externes.
L’adulte pâle peut être brun plus clair à la tête et rémiges. Il n’a pas l’avant du dos foncé ni la limite nette de la zone claire de couvertures alaires sur le dessus.
Le juvénile typique est brun-noir à nuance pourprée avec des taches blanc neigeâtre plus ou moins abondantes et nettes. Ils ont de grandes taches formant des bandes blanches le long de toutes les couvertures alaires. La tête est très foncée avec de nettes commissures jaunes. L’avant des ailes et toujours brun noirâtre dessous, nettement plus foncé que les grandes couvertures alaires et les rémiges, qui sont gris moyen.
Le juvénile pâle est variable. Le fond est plus clair, en partie ou largement brun-roux, souvent très tacheté ou rayé de jaune brunâtre.
C’est un oiseau bruyant, sur les lieux de nidification. Il a un cri aboyé « k-yip ».

Aquila clanga adulte
Aquila clanga adulte
Crédits : Jean-Yves Piel

On le rencontre dans des régions forestières, le plus souvent près des cours d’eau et marais.

L’aigle criard utilise plusieurs techniques de chasse. Le plus souvent, il le fait à partir d’un poste d’affût. Cependant, il peut capturer ses proies à la suite de vols planés exploratoires. Il mange des mammifères et des charognes.
Les aigles criards sont migrateurs : ils quittent les zones de reproduction de septembre à la fin d’octobre en direction du nord de l’Égypte, la Turquie, l’Irak, l’Inde et le sud de la Chine. Une partie est sédentaire dans le sud de l’Europe et autour du bassin méditerranéen. Les aigles criards regagnent leur quartier d’été à la mi-avril.
Sur l’île de Ré, il a été observé en mai.

Son vol est à voile avec les ailes horizontales, les doigts légèrement ramenés vers l’avant. En vol battu, il bat rapidement des ailes.

L’aigle criard niche dans les forêts à proximité d’un point d’eau. En mai ou en juin, la femelle pond deux œufs de couleur blanc-gris dont l’incubation dure jusqu’à 41 jours. Les aiglons gardent le nid entre 60 et 65 jours.

C’est une espèce clairement menacée dans l’Union Européenne, où elle niche occasionnellement (0-2 couples). L’Aigle criard est très vulnérable à la présence humaine dans les sites de nidification et d’alimentation, car elle quitte les nids si les dérangements sont répétés. Les autres problèmes sont la disparition des habitats et la chasse.

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