Tritia neritea

Cyclope

Le Cyclope…un bijou autrefois très apprécié !

A marée basse vous remarquerez peut-être sur l’estran sablo-vaseux de certaines plages rétaises des petits dômes qui se déplacent rapidement sous la couche d’eau superficielle, laissant une trace sinueuse. Il s’agit du Cyclope néritoïde (Tritia neritea), un petit gastéropode (10-15 mm) appartenant à la famille des Nassariidae, comme la Nasse réticulée (Tritia reticulata). Contrairement à celle-ci, il possède une coquille circulaire aplatie, à spire décorée et à base plane et lisse, blanche ou marron.
Le Cyclope fréquente les eaux littorales peu profondes où il vit enfoui sous un centimètre de sable, laissant dépasser son siphon. Comme la Nasse, le Cyclope est nécrophage et détritivore. La forme de sa coquille lui permet de se désenfouir très rapidement et de glisser sur le substrat à une vitesse étonnante en direction d’une proie, repérée grâce à des capteurs sensoriels performants. Doté d’un pied actif et déformable, il se retourne instantanément lorsqu’il est à l’envers.
Le Cyclope supporte de grandes variations de salinité et de température. Historiquement présent en Mer Noire, en Méditerranée, et sur les côtes ibériques atlantiques, on ne le connaissait en France qu’au Pays Basque. Depuis la fin des années 70, plusieurs populations sont apparues graduellement le long des côtes Atlantiques puis de la Manche, en partie du fait d’apports récurrents liés à la conchyliculture. Les fouilles de sites archéologiques ont révélé que les coquilles de Cyclope étaient très appréciées comme éléments de parure par les chasseurs-cueilleurs du paléolithique supérieur et du mé|solithique en Europe. Perforées pour en faire des perles enfilées ou cousues, parfois noircies par le feu, elles sont des indices probants d’une pensée symbolique. Leur étude fournit des indications précieuses sur les modes de vie, les échanges entre groupes et les changements culturels au cours de ces périodes.

Tritia neritea
Tritia neritea
Crédits : M et P Gauduchon